• Rencontr avec ma

    auteur : Pascale

    Cé la base sézon de mon existence. Com’ dirait ma défunte mère, je sé su’ l’déclin.

    A matin, y fé grand soulaï et je sé en qhure aux bains de Cauterets dans les haôts-Pyrénées. Cé q’avec l’aje, j’avions mao partout. En pu d’çà, des fois j’avons la sensation qe je folaye. Ma marmaille dit : «la mère, a yoyotte de la crinière »… Ya pu d’respect pour les vieus !

    L’ guérissou  a sonjeu qe j’avions ben besoin de repos. Me v’la don tout’ seule pour tois s’maines à m’fère tripatouilleu par des maraines. Et qe j’patouille dans un bain bourbitou, et qe j’te passe sous la jiqllée, et qe je fassions des émouvettes dans un’ picine. Même q’un biau espagnol me malaxe  d’la tète  aux piës !

    Au bout d’un coupl’ de s’maines, je sé tout’ mollassonne. Alors j’avons l’idée de m’ promeneu su’ la sente de la rène Hortense, just’ dessus les bains.

     Cé ti biau la nature à l’automne qand cé qa met ses hardes de lumiere et qa sent la terre !

    Là-bas au fond, les haôts du Vignemale et du cirq du Lys sont tout bians. Mes galoches résonnent su les roches. Dans un’ vircouette, un p’tit banc de boué me perier à me sieter contr’  la chaete d’iau. J’avions l’corps pllein de maô et je chési su’ le siétâ tiédi par le soulaï de la basse sézon. Mes ieux se froment et je sé tot aquenouie.  Le soulaï achale mes jôes, mes mains. Je sé ben.

    Com’ si de ren n’éta, je va à la rencont’ de mon maï, là tot au creuz de mon qheur. D’un coup, j’oui une hurlerie, là, en d’dans.  J’ouv’ ben grand la goule, je lésse cet grand’ braillée sourdr’ de maï.

    La braillée poqe cont’ la falaize. Je sonje qy s’écrabouti su la pierre naï et qy redonde dans le vide. J’oui l’écho qy fé à chesir. Cte braillée r’donde, r’donde  cor un p’tit et pi pu rien.

    Ca te fini. La paix é r’venue et je cois ben que je me sé reconé. Çà te maï qi sé là à c’teure...

    Le dormi »
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